Le beguin pour SAY

Publié le par hugambrules

Je me souviens d’un temps où lorsqu’on traitait un socialiste de social-démocrate, ils faisaient des bonds puis contrit Jospin a confessé. Leur orientation politique se déplaçant dans le même sens que le sens de l’histoire, on les a donc assimilé à des socio libéraux, cela ne leur a pas plus. Mais le clin d’œil de François hollande lors de la dernière conférence pour « la loi de l’offre » résonne comme un aveu. En effet ce ne sont pas les 30 milliards d’euros (ce qui correspond à la fin des cotisations familiales) offertes aux entreprises à l’horizon 2017 qui sont choquantes. Pas plus que la servilité vis-à-vis des diktats allemands et bruxellois pour la poursuite, voire pour l’amplification, d’une austérité dont on sait pourtant désormais qu’elle précipitera le pays dans une nouvelle dépression. Non cela correspond à la belle époque où ils étaient justes sociaux-démocrates.

En réalité, cette conversion abrupte du Président français à la loi de l’offre est surtout époustouflante car Hollande conditionne la croissance à la production. En d’autres termes, il part du prin-cipe selon lequel la croissance ne repartira que dès lors que les entreprises produiront plus ! Il loue ainsi la théorie de Jean-Baptiste Say (1767-1832) selon lesquelles seules l’offre et la production stimulent la croissance. La demande, quant à elle, étant supposée suivre nécessairement…

Plutôt qu’un imberbe français, je lui aurais plutôt conseillé un barbu allemand en guise d’économiste de référence. Ainsi il aurait appris qu’à force de faire jaillir le profit des mains de l’ouvrier spolié, à force de voir les capitalistes exiger de la productivité de la part du salarié, pour obtenir plus de surtravail à spolier, il arrive le dénouement du drame shakespearien :

Le salaire des ouvriers n’est plus suffisant pour consommer et enclencher un nouveau cycle de production-consommation-accumulation. Le marché solvable se rétrécit tandis que les capacités de production s’intensifient et inondent les marchés de consommation de produits que de moins en moins de clients sont en mesure d’acheter. Karl (c’est son prénom) appelait cela la crise de surproduction.

S’ils ne changent pas de classique, on est en droit d’attendre le moment où le successeur d’hollande du haut du perron de l’Elysée fera son coming-out et avouera solennellement qu’il a autorité pour pouvoir se prononcer au nom de tous comme le représentant d’un parti apte à toutes les trahisons et tous les reniements. Il finira son allocution par un vibrant et désormais fameux : « ne m’appeler plus socialiste, socialope nous va si bien. »

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