Enfant de peuplement

Publié le par hugambrules

1600 enfants et adolescents ont été contraints par les services de l'État de quitter la Réunion, entre 1963 et 1982, et de vivre en métropole. Initiée par Michel Debré, député de la Réunion, ex-premier ministre de de Gaulle, l'opération devait pallier la surpopulation de l'île et repeupler soixante-cinq départements, au premier titre la Creuse, le Tarn et le Gers.

Ces enfants de familles très pauvres avaient alors été déportés de leur île natale pour être amenés dans des départements sous peuplés, comme la creuse. Après leur arrivée à Paris, ils étaient d’abord acheminée jusqu’au leur foyer de l’enfance, puis remis à des familles d’accueil qui les croyait orphelins ou abandonnées. À la réunion, certains, certains furent carrément enlevés à leurs parents. Pour arracher une autorisation parentale, il y avait parfois la promesse de l’effacement d’une dette ou l’espoir d’un logement moins insalubre. En réalité, on avait proposé à leurs familles de les laisser partir en France pour y faire de bonnes études et on leur avait promis leur retour pour les vacances. Les familles ne les ont jamais revus. Certaines d’entre elles, ne sachant ni lire ni écrire avaient signé des actes d’abandon sans même le savoir.

À l’époque, le directeur du foyer de l’enfance de Guéret, révolté par la situation de ces enfants avaient tenté d’alerter les autorités. Il avait notamment écrit aux députés de la Réunion... ce qui lui a coûté son emploi !

Loin de faire des études, ces enfants ont servi de domestiques dans les fermes de la Creuse où certains ont vécu un enfer : racisme, malnutrition, coups et parfois viols.

A partir des années 2000, plusieurs d’entre eux, ont tenté des recours devant les tribunaux comme Jean-Pierre Gosse décédé juste avant l’érection d’un monument à leur mémoire à la Réunion, ou encore Jean Jacques Martial, auteur du livre « Une enfance volée » qui continue à se battre pour obtenir réparation, mais ils ont été chaque fois débouté ! En 2002, un rapport de l’IGAS (inspection générale des affaires sociales) a dédouané l’État Français de toutes responsabilités.

60 ans après, les responsables disparus, il n’est pas trop gênant pour l’état Français de reconnaître les faits. Mais rien ni personne, et surtout pas un monument ou un discours ne peuvent effacer l’ignominie infligée aux enfants et à leur famille ! Cet exemple montre bien que l'immigration ne dépend que de la loi scélérate de l'offre et de la demande au bénéfice du plus fort. Mais cela n’empêchera pas les racistes de maugréer de voir des immigrés venir en France.


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