Fralib

Publié le par hugambrules

~~Les futurs coopérateurs de la Scop TI ont fêté, hier, autour de leur outil de travail préservé, les 19,2 millions d’euros arrachés au géant Unilever après quasiment quatre années de résistance. De longues embrassades, des yeux qui pétillent avant d’entonner l’Internationale qui est la façon la plus évidente de célébrer la victoire sur une multinationale dont le PDG, Paul Polman, à son rond de serviette à l’ONU.

Le groupe Unilever annonce depuis plusieurs d’excellents résultats, la valeur de l’action montant de 25% en un an. Unilever, qui possède à l’heure actuelle six usines en France, a réalisé un chiffre d’affaires de 46,5milliards d’euros (2,5milliards en France), dégageant un bénéfice net de 4,6 milliards. Mais ils estimaient que le retour sur investissement n’était pas assez important.

Unilever a, en effet, fini par lâcher quelque 19,2 millions d’euros, dont une bonne part est constituée d’une prime de 100 000 euros pour chacun des 76 (sur 182 au départ), s’ajoutant à leurs indemnités légales. Une autre partie qui concerne la remise à niveau des machines (estimées à 7 millions d’euros et cédées pour l’euro symbolique), l’investissement dans une nouvelle ligne (250 000 euros) ou encore une contribution exceptionnelle à la trésorerie (1,5 million d’euros) devrait permettre un décollage de la Scop TI au sein de laquelle, faute d’Élephant, devrait naître une nouvelle marque méridionale d’infusions aromatiques.

Hier, les Fralibiens ont endossé un nouveau tee-shirt de lutte intitulé « Scop TI, c’est parti ! ». Ils restent très lucides dans ces nouveaux habits de coopérateurs quant au parcours du combattant qui les attend. Auront-ils les volumes de production suffisants pour atteindre l’équilibre des comptes ? Le gouvernement les aidera-t-il et jusqu’à quel point ? Les irréductibles de Gémenos sont au moins sûrs d’une chose, comme le clamait l’un d’entre eux à l’AG, provoquant des applaudissements enjoués : «Maintenant, on est ici chez nous »

La victoire des salariés de Fralib montre qu’il est possible de défendre un potentiel industriel national. Même quand le combat est long, rude, il mérite d’être mené. Unilever a tout fait pour casser la lutte. Mais aujourd’hui, la multinationale cède. Il n’y a pas de conflit perdu d’avance. Voilà l’enseignement principal de ces quatre ans de combat.

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