Narendra Modi

Publié le par hugambrules

~~Les élections générales de la plus grande démocratie du monde ont portée au pouvoir le très controversé gouverneur du Gujarat Narendra Modi. Mais qui est-il vraiment ?

Dans son Gujarat natal, Modi a gravi un à un les échelons, jusqu’à devenir secrétaire du Parti du peuple indien (Bharatiya Janata Party). A la tête de cet Etat depuis octobre 2001, il a d’emblée mis en œuvre une stratégie mêlant nationalisme hindou, libéralisme économique et populisme high-tech. Le modèle du BJP pour le gujarat se construit d’abord autour de la réussite économique, et une croissance oscillant entre 8 et 10 %. Mais le revers de la médaille est l’accroissement des inégalités sociales dont certaines sont encore plus criantes que celles de l’État pauvre de l’Uttar Pradesh. Les trois quarts des enfants sont sujets à l’anémie et nombre d’entre eux souffrent toujours de malnutrition. Une mère sur trois serait en état de sous-nutrition et la mortalité infantile serait de 44 pour 1 000, un taux considérable. 67 % de la population rurale du Gujarat n’a aucun accès à des sanitaires et 16,7 % seulement bénéficient d’eau salubre. Selon la Commission du plan, une discrimination d’accès à l’éducation et à la santé touche les basses castes, les intouchables et les femmes. Modi n’a ainsi cessé d’encourager l’implantation des grandes compagnies et des lobbies au détriment des petits paysans majoritaires. Ces petites parcelles sont néanmoins vitales et les expulsions se révèlent fatales. Au Gujarat, l’insécurité alimentaire et la surexploitation des ressources menacent gravement la production vivrière. Les grands industriels n’ont d’ailleurs eu de cesse de chanter les louanges de Modi pendant la campagne. Ce dernier a cédé les surfaces agricoles et les forestières aux grandes compagnies pour une bouchée de pain.

L’évènement qu’il a fait propulser sur le devant de la scène, sont les tragiques affrontements communautaires meurtriers de 2002. Cette vague de violences avait été déclenchée par l'incendie d'un train bondé de pèlerins et d'activistes hindous qui revenaient de la ville sainte d'Ayodhya (Cité où se trouve le site controversé de la mosquée de Babri détruite par les fanatiques hindous en 1992 sous prétexte qu'elle avait été édifiée sur les vestiges d'un temple). Les émeutes se sont soldées par l'assassinat de quelque 2 000 personnes, principalement des musulmans. À cette époque, de nombreuses voix s'étaient élevées pour dénoncer l'attitude du gouvernement régional Modi, membre du BJP du premier ministre qui avait été accusé de laxisme et de complicité avec l'extrême droite nationaliste, auteur des représailles. Il faut dire qu’en guise de contrition il avait juste prononcé ces mots malheureux : Je suis comme le passager arrière d’une voiture qui aurait écrasé un chiot. Est-ce que cela serait douloureux ? Oui, bien sûr.»

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