Numericable, SFR et Bouygues

Publié le par hugambrules

Que faire de son argent quand les placements ne rapportent pas grand choses. Grave question pour les investisseurs qui croulent sous les liquidités après l’arrosage prodigués par les banques centrales Fed en tête. Mais c’est à Numéricâble à qui revient la palme 12 milliards d’euros empruntés au même taux que les pays peu fiables, soit 70% du financement de son rachat de SFR soit la plus grosse émission de dette jamais réalisées par une société classé en catégorie spéculative.

Cette logique s’inscrit dans la mondialisation capitaliste. Dans les télécoms, en Europe, la rentabilité financière, compte tenu de la concurrence entre les opérateurs, se maintient via un mécanisme de concentration. Le gâteau diminue un peu, le besoin d’investissements reste très important et les actionnaires veulent maintenir leur taux de profit. Dans cette logique capitaliste, les besoins des salariés et des « clients » ne sont jamais pris en compte. La stratégie demeure le versement de dividendes aux actionnaires.

L’opération de rachat de SFR est jugée très risquée tant d’un point de vue emploi que pérennité des entreprises du fait d’un niveau de dette colossale. Comme chaque fois, le remboursement de cette dette et les besoins d’investissements se fera au détriment des emplois et des conditions de travail. La seule limite à cette boulimie de profit se situe dans l’intervention des salariés et des populations pour exiger d’autres choix diamétralement opposés qui rompent avec le sous-investissement productif actuel, l’explosion de la précarité et la dégradation de la qualité de service.

Les entreprises qui aujourd’hui semblent être des pions au service de l’enrichissement d’une minorité existent avant tout par le travail de leurs salariés sans qui aucune richesse ne pourrait être produite et pour répondre aux besoins sociaux. Cela légitime incontestablement le droit pour les salariés d’exiger d’être informés et d’intervenir sur les choix de leurs dirigeants au service d’une autre répartition des richesses produites par le travail.

Il faut d’urgence revenir à une logique de service public dans les télécoms qui se donne comme finalité la réponse aux besoins des populations et des salariés par une politique en favorisant l’emploi stable et qualifié et la reconnaissance du travail par l’augmentation de salaires, en plaçant l’investissement productif et la coopération entre acteurs du secteur au cœur des choix stratégiques avec l’objectif de garantir l’accès pour tous aux services contenus et usages actuels et futurs en matière de communication.

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