Pro-bussiness de tous les pays, unissez-vous

Publié le par hugambrules

Apres la doublette magique du social-libéralisme Schröder/Blair des années 2000, voici maintenant qu’une autre doublette Valls/Renzi semble se caler dans le même sillon.

Cela vaut la peine de rappeler un instant ce qu’a représenté au début du millénaire, ce que certains appelaient la troisième voie. En quelque mot, elle consistait pour les personnalités de « gauche » à tirer un trait définitif sur l'économie administrée, à adapter au mieux le discours (uniquement le discours) socialiste à l'économie de marché. Mais rapidement on s’est rendu compte que cela se rapprochait plus du capitalisme débridé que d’un compromis rationnel, si tenté qu’un compromis soit possible….

Tony Blair en fut le fer de lance sur le vieux continent. Sa réforme de la protection sociale, afin de réduire les dépenses, avait imposé de nouvelles règles coercitives aux bénéficiaires de l'aide sociale. Ce système avait fait fondre artificiellement les chiffres du chômage, poussant les demandeurs d'emploi vers des emplois précaires ou vers une sortie des statistiques. Le modèle britannique reste un comble en matière de services publics laissés à l'abandon. Non seulement le blairisme avait accepté le lourd héritage de privatisation de Thatcher, mais il avait moins investi dans les services publics que le gouvernement conservateur de John Major.

De la même manière, en Allemagne, les réformes du marché du travail et des assurances sociales avaient mis en ordre de bataille l’Allemagne pour la rendre ultra compétitive au détriment de ses voisins. Les lois Hartz sont évidemment à l’origine des succès éclatants (du point de vue capitalistique) qui lui ont permis d’être un champion mondial des exportations. Titre dont le monde du travail ne connait que trop bien le revers.

Mais la nouvelle vague est là.L’exemple le plus éclatant nous vient de l’autre côté de alpes. Mat-teo Renzi, le chef « de gauche » du gouvernement italien, est en train de mitonner une loi aux petits oignons pour le grand patronat. Il veut détricoter ce qui reste de droits aux travailleurs, avec comme prétexte la dure lutte contre le chômage. Dans le futur « Jobs Act » (en anglais, ça fait plus moderne), le code du travail sera simplifié et la clause permettant une réintégration de salariés abusivement licenciés sera supprimée.

A côté de ce Berlusconi Bis, notre Valls national tient son rang et se sent assez à l’aise pour dé-clarer « My government is pro-business ». Apres sa déclaration d’amour devant l’université d’été du Medef, ceci n’est pas véritablement un scoop, mais le propos a eu le mérite d’être cohérent avec sa politique : multiples cadeaux aux patrons, coupe franche dans la politique familiale, vente des autoroutes….

Mais tout cela montre surtout que quelque soit les époques ou les pays, il va falloir s’habituer à ne plus pouvoir attribuer aux mouvements socialistes, le qualificatif de gauche mais plutôt celui de droite complexée.

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Bichon 28/10/2014 19:50

droite complexée ? je ne pense pas, il n'y a aucun complexe . Mais l'homme ne peut pas être tout à fait mauvais : catalan et socialiste, ça augure plutôt du bien . En plus, il est courageux et réaliste : fin de la langue de bois, des œillères archaiques . En réalité, il peut faire avancer positivement les idées et les organisations, bien plus que plein de braillards qu'on entend de tous bords (extrême droite ou extrême gauche, on ne voit plus trop les différences entre un Mélanchon et une Le Pen dans les programmes) . ça rappelle trop de mauvais souvenirs : le pacte germano-soviétique contre les peuples et nos démocraties . Non ?