La liberté chez les libéraux

Publié le par hugambrules

Ricky Jackson, un condamné à mort noir américain, a retrouvé la liberté vendredi à Cleveland, innocenté après 39 ans derrière les barreaux dus au mensonge d’un enfant, un record dans un cas d’erreur judiciaire. Mais pour un qui s’en sort combien passe sur la chaise, ou reçoit une dose létale. Troy Davis, Stanley William, en furent les exemples les plus connus. D’autres, environs 3000 sont dans les couloirs de la mort, comme le célèbre black Panther Mubia Abu-Jamal.

Dans un pays où le chèque en bois est passible de 10 ans de prison et la récidive d’un cambriolage équivaut à une peine de 24 ans incompressible, on n’est pas étonné de voir que le taux d’incarcération a doublé en vingt ans, un niveau nulle part atteint sur le globe soit sept fois plus que le taux chinois pourtant peu réputé pour être commode. Du coup la population carcérale états-unienne absolue est plus importante que celle de chine.

Confrontés à des problèmes budgétaires, les états unis ne peuvent même plus assumer le tout carcéral. Mais cyniquement la logique de la politique du bâton permet la survie de certains territoires car pour pallier à ces nouvelles demandes, on construit d’autres prisons. Dans beaucoup de comtés, l’aubaine était trop belle. Les shérifs ont fait construire des nouvelles prisons, avec la même logique que s’il construisait un hôtel, il faut faire en sorte que ce soit complet pour rentabiliser. Et du coup, on diversifie les raisons d’incarcération. Le niveau fédéral rembourse 25 dollars par jour sous réserve que les places soient occupées. Une fois quelles sont pleines le business ne s’arrête pas là. La nourriture, les matelas, la promiscuité, les heures de promenades se fait en fonction du critère de rentabilité du sheriff, et donc sur le dos des prisonniers.

De plus il n'est pas rare que des adolescents se retrouvent en captivité pour des infractions mineures. Et la tendance confine même à l'hystérie : Un enfant de 11 ans est incarcéré pour avoir menacé son enseignant. Une enfant de 12 ans parce qu'elle avait harcelé quelqu'un par téléphone. De nombreux jeunes se trouvaient en prison pour avoir été impliqués dans des bagarres scolaires et une fillette de 12 ans après avoir volé 127 dollars à sa mère.

Le seul remède que les états unis ont trouvé est de les expédier derrière des barreaux aussi longtemps que possible. Pour ce faire, l'Amérique ne recule devant rien. 44 États ont adopté des lois facilitant le transfert de ces jeunes du système judiciaire juvénile au système adulte, malgré le risque accru de récidive. La demande du public pour plus de fermeté envers les jeunes semble insatiable. Et comme les lois américaines empêchent les tribunaux de prendre en compte les circonstances particulières des mineurs jugés comme des adultes ce qui entraine des sentences automatiques incompréhensibles voire des exécutions.

La plus grande démocratie du monde, donc.

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