Tir de barrage

Publié le par hugambrules

A l’image de Malik Oussekine, on se souviendra longtemps de Remy Fraise. De la même manière que le crime commis par les voltigeurs (à moto avec une batte de base-ball) de Pasqua, la mort de Rémi Fraisse est aussi une conséquence inévitable de la politique d‘exacerbation des tensions. Les promoteurs du barrage et les pouvoirs politiques ayant tout fait pour hâter le pas.

Le style de démarche « gros bras » s’est parfaitement illustré lors l’étape du déboisement du site. La fédération France Nature Environnement avait saisi le Tribunal administratif pour bloquer sa réalisation. Aussitôt, l’organisme chargé de l’ouvrage et les pouvoirs publics ont conjointement déployé massivement machines et gendarmes mobiles, de façon à nettoyer la zone de ses opposants et à couper les arbres à marche forcée. Le timing était précis : le déboisement était achevé quelques heures avant que le Tribunal administratif ne rende son avis. Même en cas de jugement défavorable, il aurait été trop tard... Autre fait édifiant : lors de la manifestation festive et joyeuse du 25 octobre, il ne restait aucun engin sur le chantier, et donc strictement rien à protéger par les gendarmes. La fête organisée sur le site par les opposants ne comportait aucun risque d’aucune sorte, puisqu’elle n’était pas en ville et qu’il n’y avait rien à détruire ou dégrader. Rien, strictement rien, ne justifiait la présence de gendarmes, et encore moins une présence aussi massive et agressive. Rien sauf... la volonté de pousser les opposants à réagir et de provoquer des violences. Dans ces circonstances, la mort de Rémi Fraisse alors qu’il fuyait une charge de gendarmerie, tué par une grenade offensive encore utilisée abusivement, n’est pas un hasard mais le résultat d’un processus révoltant.

En guise d’oraison pour Rémi Fraisse, le président du Conseil général du Tarn, a eu des mots qui resteront dans les annales : « Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête ». Transmis à Jean Moulin, Guy Môquet, Manouchian, Jean Jaurès ou aux dizaines de milliers de Résistants, ces paroles peuvent être apparenté à des insultes et mais dans la bouche d'un notable socialiste, ces parole ne sont juste que la confirmation d'une chose bien acquise: Vivre et faire carrière sans idéal avec le PS, c’est une aubaine, et c’est très répandu. En témoigne le fait que la grande majorité des 130 000 adhérents du Parti socialiste ne le sont que parce qu’ils sont élus ou espèrent l’être, ou d’après l’attitude des élus après leurs mandats qui ne reprennent plus leur carte.

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