la rencontre de Xochimilco

Publié le par hugambrules

La révolution du Mexique à été la première du XXieme siècle mais aussi la plus méconnue. Mais s'il y a un fait qui la symbolise c'est bien la rencontre dans le palais présidentiel de Mexico de Pancho Villa et Emilio Zapata il y a cent ans que le 4 décembre 1914.

Le Mexique depuis 1876 subissait une dictature interminable soutenue par Rockefeller et d’autre capitaliste ayant des intérêts dans le pétrole du golfe du Mexique que ce dictateur a bradé à bas prix. Du coté agraire seulement 800 familles se partages les terres arables. La décrépitude de l’ordre établi était telle, au Mexique, que les insurgés mexicains réussirent à prendre le dessus sur les forces gouvernementales, dans leurs régions respectives. En mai 1911, Díaz démissionna. Madero fut élu président du pays. Mais il ne répondit pas aux attentes de la paysannerie insurgée. Sous la direction d’Emiliano Zapata, la guerre paysanne continua. Madero exhorta les paysans à attendre patiemment une réforme agraire en bonne et due forme, mais les paysans avaient entendu trop de promesses creuses de la part de gouvernements.

Madero prit le pouvoir en novembre 1911 mais il fut arrêté et exécuté par des officiers réactionnaires en février 1913. Cela provoqua un nouveau soulèvement paysan. Zapata prit le pouvoir dans l’Etat de Morelos, où il mena à bien un programme agraire révolutionnaire. Il expulsa les propriétaires terriens et distribua leurs terres aux paysans. Pancho est un guerrier, admiré par sa bravoure, il pratique la mobilité et l’effet de surprise. Une fois installé comme gouverneur du chihuahua, il crée des écoles, impose un prix modéré des aliments de base, expulse des colons espagnols, nationalise les latifundias des oligarques. Les armées de Zapata et de Villa réussirent à vaincre un adversaire plus puissant, sur le papier, parce qu’elles menaient une guerre révolutionnaire contre des exploiteurs. Le meurtre de Madero pousse Zapata et Villa à reprendre les armes, partant des extrémités du pays se retrouvent donc en décembre 1914 à Mexico, chassant l’éphémère général putschiste et placent un président à peu près consensuel. Mais une fois reparti dans leurs montagnes, le nouveau président les trahis, aidé en cela par les états unis qui voit d’un mauvais œil des expériences socialisantes si proche de leur frontières. Une nouvelle rencontre à Mexico aurait pu se renouveler si 4 ans plus tard Zapata n’avait pas été exécuté. Villa sentant le danger venir se réfugie dans les montagnes, puis attaque une petite ville des états unis pour se venger de la traîtrise du président Wilson. C’est alors qu’une longue traque commence sous les ordres du colonel Pershing, et finit par son exécution en 1923.

La révolution agraire aurait pu être le point de départ d’un renversement social complet, au Mexique, à l’instar de la révolution russe de 1917. Mais la différence est que les paysans mexicains n’ont pas trouvé de direction révolutionnaire, dans les villes. En conséquence, l’héroïsme des paysans n’a servi que de marchepied à la bourgeoisie mexicaine. Une fois au pouvoir, la bourgeoisie prépara la trahison de ses alliés paysans.

La couche supérieure de la bourgeoisie mexicaine craignait – à juste titre – que la solution révolutionnaire à la question agraire soit le début d’un assaut généralisé contre la propriété privée capitaliste. Son premier acte fut de se débarrasser du plus courageux des dirigeants révolutionnaires paysans. En 1919, Zapata fut assassiné.

Entre 1914 et 1919, la guerre civile laisse deux millions de morts sur le carreau (15% de la population totale). La révolution a marqué les esprits durablement, même si le parti politique (PRI) qui aujourd’hui s’en revendique l’a instrumentalisée et momifiée par et pour les classes dominantes depuis 70 ans.

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