Les Syrillusions

Publié le par hugambrules

Ce week-end un vent nouveau soufflera sur la Grèce. Après des décennies de trahison du PASOK (parti socialiste grec) envers la classe ouvrière, les grecs ont fini par comprendre qu’il fallait réduire le PASOK à sa plus simple expression (4%). Mais pendant ce temps-là, tels des vases communicants, SYRIZA augmentait petit à petit jusqu’à se trouver au pouvoir dimanche. SYRIZA va marquer une rupture avec l'ordre libéral européen.

Mais en se penchant sur les points cruciaux du programme, on ne peut que constater les compromissions de SYRIZA envers l’ordre établi : son président Tsipras a déclaré à plusieurs reprises qu'un gouvernement de SYRIZA restera à l'intérieur de l’union européenne: "la Grèce à certaines obligations institutionnelles en tant que membre égal de l'UE, nos obligations sont d'accomplir les buts fiscaux. Nous avons une obligation institutionnelle pour avoir des budgets en équilibre nous devons observer les traités fondateurs de l'UE, c'est une obligation absolue". Aucun commentaire n'est requis, mais nous devons garder en mémoire que ces obligations institutionnelles sont direc-tement liées aux retraites, à la santé et à l'éducation. Il poursuit dans la même direction concernant l'appartenance de la Grèce à l'OTAN :" Notre pays est engagé dans le cadre institutionnel et dans les accords liés à l'OTAN".

Certains peuvent me reprocher d’avoir un jugement tranché, sans attendre de savoir comment ils opéreront. Mais SYRIZA est une force qui a déjà fait ses preuves. Il a soutenu le traité de Maas-tricht, l'accession de la Grèce à la Monnaie unique. Nous pouvons parler de l'attitude de SYRIZA dans le mouvement syndical. Lors des deux dernières années il n'a pas essayé d'utiliser son niveau accru de soutien électoral pour développer les mobilisations, mais au contraire il a renforcé délibérément la passivité des revendications des ouvriers. Il a demandé aux travailleurs de de-meurer à la maison et d'attendre sagement que la formation du gouvernement de SYRIZA qui pourra jouer le rôle présumé "sauveur". Alors si ce que je dis est vrai pourquoi diable la Commis-sion européenne exerce des menaces sur la Grèce pour dissuader les grecs de voter SYRIZA. Et si cela était juste pour crédibiliser l’appartenance de SYRIZA à cette gauche.

Cependant il est vrai que nous ne sommes pas complètement à l’abri d’une mutation heureuse telle celle de Chavez dont la première intervention télévisée en tant que président avait été de rassurer les marchés financiers. La suite on la connait, s’il avait gardé ce cap il serait encore en vie. Mais n’est pas Chavez qui veut…. Sincèrement j’espère me tromper, mais c’est très difficile de faire comme si les expériences de Mitterrand, Jospin et Hollande n’avaient eu lieu.

En tous cas, gageons que cette expérience serve à faire murir la réflexion de chacun d’entre nous dans des sujets aussi importants que l’impossible réforme de l’union européenne ou d’un hypothétique euro aux services des travailleurs. Le second point positif de la probable élection de Tsipras sera de se rendre compte que les mesures anti austérité ne peuvent être une solution que si on ne s’attaque aux vrais pouvoirs (banque, moyen de production, de distribution).

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