Le Pyro-larsen

Publié le par hugambrules

Après l’incendie de treize voitures, en région parisienne, un responsable départemental FN avait accusé ceux qui « cassent pour casser » en insinuant que cela était toujours les mêmes et que pour les trouver il fallait regarder du côté des quartiers. Sauf que les casseurs en question sont quatre cadres lepénistes, dont lui-même. Tactiquement, c’est bien joué car ce genre d’incivilité est souvent attribué aux immigrés et cela alimente donc la poussée du FN.

En ce qui concerne les incendies programmés, les fascistes ont une sacrée expérience derrière eux. Un seul exemple : l’incendie du Reichstag (février 1933), immédiatement exploité par les nazis à des fins politiques, il est suivi par une campagne de répression dirigée contre les libertés personnelles et surtout contre les communistes allemands que l’on soupçonnait à tort d’être les commanditaires. La conséquence a été de renforcer le régime hitlérien. En acoustique ce phénomène s’appelle un Larsen. Assez courant dans les réunions publiques lorsqu’un haut-parleur (émetteur) et le micro (récepteur) sont placés à proximité l'un de l'autre, le son émis par l'émetteur est capté par le récepteur qui le retransmet amplifié à l'émetteur, et ainsi de suite, pouvant aller jusqu’à la destruction des appareils. La destruction, à ce rythme on y va tout droit, tellement les fascistes relèvent la tête et rien ne dit que la France de 2017 ne soit pas l’Allemagne de 1933.

En effet le parallèle est saisissant entre notre époque et les années 30.La France était un peu épargnée de la dépression générale de 1929, un peu comme l’Allemagne l'est aujourd’hui. L’Allemagne d'alors elle, avait dû mettre en place une austérité violente du fait de l’assèchement de ses financements internationaux, avec pour conséquence l’explosion de son taux de chômage culminant jusqu’à 35% de sa population. La crise fut d’autant plus forte qu’elle succédait à la fameuse hyperinflation de 1922 qui avait pris fin en novembre 1923 grâce à une série d'emprunts considérables à l'encontre des États-Unis avec en échange une implantation conséquente d’entreprises étatsuniennes sur le territoire allemand. La France, elle, n'a commencé à se désillusionner que fin 1931 avec un net recul de la production industrielle et une forte progression du chômage. Et sans sortir la boule de cristal, l’Allemagne d'aujourd’hui sombrera économiquement elle aussi dans un futur plus ou moins proche.

On ne sait pas jusqu’où le parallèle se poursuivra, mais ce système économique amplifie les conséquences néfastes qui deviennent les causes de problèmes encore plus terribles. La fin de la période triomphante du capitalisme ne nous engage pas à être optimistes.

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