Areva, histoire d'un naufrage

Publié le par hugambrules

Le fleuron de l'industrie française est dans la tourmente et ce pour plusieurs raisons :

Selon Le canard enchaîné, Areva aurait délibérément caché à l’Autorité de la sûreté nucléaire l’existence des graves défauts qui rendent inutilisable la cuve du réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville. Destiné à servir de vitrine à l’industrie nucléaire française, lancé dans une impréparation totale, l’EPR accumule depuis 10 ans retards et malfaçons. Sans compter les conditions de travail intolérables du chantier.

L’EPR ne produira peut-être jamais le moindre kilowatt mais il a déjà rapporté plus de 6 milliards d’euros largement plus du double du devis initial à Bouygues, maître d’œuvre du chantier, et à ses acolytes. C'est argent est d'autant plus indu que Bouygues travaux publics a effectué du travail dissimulé sur le chantier de l’EPR. Via deux sociétés, le groupe de BTP a employé près de 500 travailleurs polonais et roumains, sans les déclarer et donc sans payer la moindre charge sociale, ni en France ni ailleurs. Les travailleurs n’avaient aucune protection sociale, la majorité n’avait pas de congés payés et certains aucun bulletin de paie. Le salaire des travailleurs polonais avoisinait les 950 euros mensuel pour 6 jours de travail hebdomadaire. Mais Bouygues n’a été condamné à payer qu’une amende de 25 000 euros, une somme dérisoire au regard des 33 milliards de chiffre d’affaires du groupe. Vraiment pas de quoi dissuader les patrons de continuer…

Ce carnage a sûrement comme origine la stratégie calamiteuse initiée par Anne Lauvergeon qui visait à faire d'Areva, le leader mondial du nucléaire quitte à se positionner en concurrent d'EDF avec lequel ses principales composantes de Cogema (extraction, traitement et retraitement du combustible) et de Framatome (conception et fabrication des réacteurs) avait jusqu’à la création toujours fonctionné en complémentarité. C'est ainsi qu'en 2003 Areva favorise le tandem étrange avec Siemens au détriment d'EDF et ce binôme mal agencé remporte le marché de l'EPR finlandais, mais la construction prend du retard des pénalités tombent. Ceci est accentué par l'externalisation de plusieurs services dont celui de l'informatique qui désorganise le groupe.

Mais le pompon est sans conteste le cas Uramin.

En 2005, alors que le prix du pétrole grimpe inexorablement, Areva et ses concurrents cherchent des mines d'uranium à tout prix pour alimenter les réacteurs ou les futurs réacteurs qui vont se construire. Anne Lauvergeon flaire le bon coup. Elle en est sure, Uramin sera prometteur. Pour la coquette somme de 3 milliards de dollars Areva rachète trois mines en Afrique. Mais plutôt que dépêcher des ingénieurs sur le terrain pour évaluer la rentabilité de la mine, Lauvergeon ne fait confiance qu'aux documents fournis par Uramin. En fait c'est une arnaque. Les trois mines ne fournissent pas du tout le rendement attendu. Ni la quantité, ni la quantité ne sont au rendez-vous. On apprendra que les propriétaires sont des notables escrocs. Escroquerie d'autant plus facile qu'elle a bénéficié de complicités au sein du groupe.


Regrouper tous les intervenants de l’énergie dans un pôle public ayant pour but de se mettre au service de la population tout en maintenant des exigences environnementales est la seule solution pour répondre aux défis du XXIe siècle.

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