Pas de connivence avec l'impérialisme

Publié le par hugambrules

C'est sur, cette poignée de main restera dans les annales. Déjà cette venue est historique car la dernière fois qu'un président états-unien s'est présenté à La Havane, c'est en 1928 quand Coolidge s'était rendu dans sa colonie. Certains sont outré par le manque de respect de Raoul Castro vis-à-vis d'Obama lors de leur rencontre quand Castro a anticipé une accolade mielleuse du président en la transformant en empoignade tel un arbitre de boxe rendant son verdict dans un match indécis. Mais c'est surtout la façon qu'un petit état a de montrer qu'il tient tête à l'hyperpuissance alors que beaucoup se couchent et rampent. Cependant on ne pourra juger la portée de cette entrevue qu'aux actes d'Obama et non à son sourire faussement cool. Pour rendre sa visite historique, il ne tient qu'à lui de prendre des mesures cruciales.

Les ressortissants étasuniens n’ont toujours pas le droit de voyager librement à Cuba. Ils sont toujours contraints de justifier leurs dépenses et activités. Cuba ne peut utiliser le dollar dans ses transactions internationales. Il faut que le département du Trésor donne la certitude aux différentes banques que la traque financière contre Cuba à laquelle se livre l’administration étasunienne va bel et bien cessé. Les banques ont besoin de ça pour annuler l’effet d’intimidation que les sanctions infligées depuis tant d’années. Ceci est indispensable pour éviter le renchérissement des coûts et les rallonges des démarches.

Il existe toujours l'absence de commercer librement. En effet les États-Unis ne peuvent toujours importer ni biens ni services cubains. La seule prohibition qui a été levée, parce qu’absurde, était celle qui interdisait aux ressortissants étasuniens de consommer des produits et de recevoir des services cubains, non à Cuba, non aux États-Unis, mais dans des pays tiers ! Si un ressortissant étasunien se rend au Canada et veut acheter un produit cubain, ou s’il veut profiter aux États-Unis d’un traitement cubain, ou s’il veut ramener chez lui une bouteille de rhum. Il n’en avait jusqu'à récemment tout simplement pas le droit !

A priori il est acté de la levée de l’interdiction faite aux cargos ayant transporté des marchandises à Cuba d’accoster aux États-Unis. Désormais, un cargo ayant transporté des marchandises des États-Unis à Cuba ne sera pas sanctionner pendant six mois. Mais les cargos cubains n'ont toujours pas droit à mouiller aux EU. Des entreprises ont fait très récemment l’objet de sanctions pour avoir offert des services et des équipements d’origine étasunienne à Cuba. Des sociétés étrangères vendant du nickel et du rhum cubains ont été sanctionnées, dans des monnaies autres que le dollar. Des banques étrangères ont bloqué des comptes de médecins cubains offrant leur coopération à des pays africains. Pour parler de normalisation, Washington doit rendre la base navale de Guantánamo. Il faut savoir que cette portion du territoire de l’île est occupée de manière illégale depuis plus d’un siècle contre la volonté du peuple cubain. Les États-Unis doivent également mettre un terme à leur politique de financement de l’opposition interne à Cuba. À ce jour, Washington alloue 20 millions de dollars par an à la dissidence afin d’obtenir un « changement de régime ». Enfin, Cuba exige l’arrêt des transmissions de Radio et TV dont le but est de subvertir l’ordre établi.

Depuis 6 ans, les Cubains ont entrepris une modification de leur modèle économique afin d’améliorer la production, d'éliminer les prohibitions excessives et de réduire drastiquement la bureaucratie. Il ne s’agit pas d’un retour au capitalisme car l’État conserve toujours le monopole sur les moyens de production et garde sous sa coupe les secteurs stratégiques de l’économie. En revanche, pour les secteurs non stratégiques, les Cubains ont décidé de privilégier la coopérative et la petite entreprise privée, notamment dans le secteur des services, afin d’améliorer le niveau de vie matériel général et permettre à l’État de se concentrer sur ses missions principales. Les Cubains ont introduit quelques mécanismes de marché dans leur économie, mais celle-ci reste toujours planifiée. Il faut savoir qu’à Cuba l’économie est au service de la politique et reste subordonnée à celle-ci. L’être humain est toujours au centre du projet de société. Le profit sera toujours subordonné à l’intérêt général et au bien-être des citoyens. La législation limite l’accumulation de richesse et celle-ci ne peut se faire au détriment de la communauté nationale.

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