Démocraties populaires

Publié le par hugambrules

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la situation dans chaque pays d’Europe de l'Est était effervescente. De part leurs contributions au libération de chaque pays, les communistes ont une popularité incroyable qui leur permettaient de jouer un rôle prépondérant. Cependant la vision d'une URSS instaurant des régimes socialistes parachutés de Moscou est absolument fausse. En réalité, la ligne a été celle d'une grande prudence, d'une grande lenteur, avec comme stratégie la victoire de chaque Front populaire. Certes ceci était rendue possible grâce à la présence de l'armée rouge qui avait pour objectif d'empêcher la réaction bourgeoise intérieure ainsi que les pays impérialistes occidentaux d'intervenir. L'URSS a été naturellement un appui essentiel permettant de renforcer les forces progressistes.

Les prises du pouvoir par les Partis dirigeants ont permis de consolider la démocratie populaire, avec comme objectif de passer au socialisme. Mais même après le triomphe des Fronts populaires, les pays socialistes ne l'était que de manière formelle. En effet les forces révisionnistes locales, partisanes d'un développement non collectiviste, ont très vite bataillé pour prendre le dessus. C'est tout le sens des affrontements entre 1948 et 1956. La bataille pour la collectivisation pour la réforme agraire et pour les monopoles dans la grande industrie, c'est-à-dire l'établissement d'une base authentiquement socialiste, se fit avec en arrière-plan une lutte contre le titisme et ses divers avatars (Gomulka, etc.) ;

En 1956, les forces authentiquement communistes ont été anéanties après le triomphe du révisionnisme de Khrouchtchev qui s'est associé aux révisionnistes locaux. Puis entre 1956 et 1968, le social-impérialisme soviétique écrase ces formes locales du révisionnisme. Celles ci seront remplacer par des forces exprimant directement les intérêts d'une couche bureaucratique soumise à l'URSS. En effet, l'URSS révisionniste que l'on peut associer à un capitalisme monopoliste d’État, ne peut pas, se contenter de l'exploitation des masses paysannes et ouvrières soviétiques. Il doit nécessairement étendre ses griffes à l'extérieur. Les premiers pays menacés, sont naturellement les «pays frères » dont les liens sont loin d'être à l'internationalisme. Sur le plan militaire, grâce au « Pacte de Varsovie » et à des accords bilatéraux, ils ont fait stationner un grand nombre de troupes, au point d'envoyer au grand jour des centaines de milliers d'hommes occuper la Hongrie puis la Tchécoslovaquie. Sur le plan politique, grâce à la corruption, à la subversion, ils en arrivent à créer militairement des gouvernements fantoches.

Sur la plan économique, ils pratiquent une domination colonialiste. « L'intégration économique », appliquée par le social-impérialisme soviétique, désarticule les systèmes économiques nationaux pour y créer des économies tournées vers l'URSS. La première des méthodes soviétiques pour asservir les «pays frères» est de saboter l'industrie des combustibles et matières premières dans ces pays et de faire de ces industries le grand monopole de l'URSS. La seconde méthode est de contraindre les pays du COMECON à développer unilatéralement les produits et les productions dont l'URSS a besoin. La Pologne est ainsi obligée de développer l'industrie navale, la Tchécoslovaquie est contrainte de se spécialiser dans le matériel ferroviaire, la RDA doit développer l'industrie de machines d'extraction minière, la Bulgarie est forcée de développer les productions de légumes et de fruits, la Mongolie doit développer son élevage en viande. L'URSS a pris les «pays frères » à la gorge et contraint leur économie à s'hypertrophier monstrueusement, selon ses propres besoins. Cela rend possible un commerce de pillage sur la base de la domination. Dans le commerce extérieur, l'URSS utilise sa position hégémonique vis-à-vis de ces pays pour se livrer à des échanges à valeur inégale et à une cruelle exploitation. L'URSS échange une bicyclette contre 4 chevaux mongols, un mouton en peluche contre un vrai mouton mongol. Le prix des voitures importées de Tchécoslovaquie par l'URSS est inférieur de moitié à celui qu'elle paie à la RFA, alors qu'elle vend 2 fois plus cher son minerai de fer à la Tchécoslovaquie qu'à la RFA. L'URSS vend des réacteurs atomiques : leur prix est de 4 fois supérieur à celui du marché mondial. L'ancien responsable du Comité du plan en RDA se plaignait de ce que son pays subissait chaque année l'énorme perte de 2 milliards de marks, dans son commerce avec l'URSS.

Lénine avait déjà condamné le tsarisme qui basait ses rapports avec ses voisins sur le principe féodal des privilèges. Il n'est pas étonnant que l'URSS et les démocraties populaires aient connu le même sort que l'empire tsariste.

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