Deutsche Bank, la nouvelle Lehman Brother

Publié le par hugambrules

Ce n’est pas en scrutant les opérations bancaires et boursières journalières de la Deutsche Bank que l'on découvrira le motif de sa future faillite. La Deutsche Bank possède un capital de 17 000 milliards de dollars en placement (prêts), mais elle enregistre une perte de 7 milliards de dollars cette année. Certes la BCE en imposant un taux directeur à 0 %, rend le prêt d’argent peu payant, forçant ainsi la Deutsche Bank à des placements boursiers mieux rémunérés, mais aussi plus risqués. Mais si une banque se voyait soudainement empêcher de prêter l’argent de ses épargnants, elle ferait immédiatement faillite. Il y a aussi le gouvernement des États-Unis qui la poursuit pour un montant de 15 milliards de dollars pour son implication dans l’arnaque des subprimes en 2007-2008 aux ÉU.

Comme le fait remarquer Robert bibeau dans son article, La Deutsche Bank comme beaucoup de banques est soumise à un paradoxe étrange. D'un coté la Deutsche Bank a du capital à prêter à satiété puisque l’Allemagne a un excédent commercial de plusieurs milliards de dollars chaque année (272 milliards de dollars en 2015) mais de l'autre son endettement atteint des niveaux record comme dans tous les pays de l’hémisphère nord, y compris en Allemagne. Mais ce qui manque aux investisseurs Allemands ce sont des occasions pour investir leur capital. Il n’y a nulle part où cette banque puisse prêter cet argent sans risquer de le plomber, car le problème ce n’est pas la « financiarisation » de l’économie « irréelle » comme l’écrivent les économistes, les problèmes ce sont les marchés anémiés, sans solvabilité, que les vautours financiers s’arrachent faute de proies à dépecer. Le capital est disponible à profusion, mais il ne parvient plus à se valoriser, car contrairement à ce que prétendent les économistes, la circulation financière du monétaire ne crée que valeurs boursières imaginaires, via une circulation parasitaire qui accapare une part croissante de la plus-value aux dépens du secteur productif.

En plaçant leur capital financier, dans des prêts risqués, les banquiers allemands n’ont fait que leur devoir ce qu’ont fait les banquiers du monde entier ; car bien peu d’occasions d’affaires « profitables » s’offraient à leur sagacité affamée. S’ils ne l’avaient pas fait, leur banque aurait périclité. Les banquiers et les spéculateurs boursiers ont été forcés par les lois du système économique et financier à ces opérations risquées puisque tout autre chemin de valorisation du capital leur était fermé. À la prochaine occasion, ils devront récidiver.

Comme le souligne robert bibeau, la solution à la crise systémique du capitalisme n’est pas de réglementer en imposant des règles prudentielles comme cela a été fait avec les accords bancale de Bâle, ni d'envoyer les banques passer des krash tests fumeux ou même de tenter de contrôler l’activité des banquiers, non la seule solution est de détruire le système bancaire capitaliste et l’ensemble du mode de production capitaliste ainsi que l’État capitaliste – son État-major – qui ne pourra jamais sous aucune condition être réformé n’en déplaise aux réformistes.

À l’échelle internationale, les déboires de la Deutsche Bank démontrent que l’Allemagne se retrouve à nouveau aujourd’hui à la croisée des chemins au sein de l’économie européenne et mondiale. Son développement économique, sa place en opposition à l’expansion du capital américain, du capital chinois, du capital russe en Europe centrale. Les alliances impérialistes se redessinent. D’un côté la Russie resserre ses liens avec la Chine, le Royaume-Uni aussi. La France resserre ses liens avec l’Amérique tandis que l’Allemagne, isolée, tente de rassembler les pays de sa sphère d’influence européenne.


 

 

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