Fidèles à Fidel

Publié le par hugambrules

Né à Birán, le 13 août 1926, le début de sa vie est difficile pour celui qui est le fils illégitime de Angel Castro, un riche planteur originaire de Galice, en Espagne, et de Lina Ruz, sa domestique cubaine. Son père ne le reconnaîtra que 17 ans plus tard, et entre temps lui aura donné six frères et sœurs. En 1942, il intègre le collège de Belén, à La Havane, puis entre à l’Université pour y faire des études de Droit. Le jeune homme est brillant, il obtiendra sa licence sans problème. Son avenir semble tout tracé. Il sera l’un de ces bourgeois cubains qui vivent fastueusement, héritera un jour de son père le domaine de Birán et mènera une vie dorée.

En 1948, il épouse une fille dont le père possède un cabinet d’avocats, l’année suivante. Et en 1950, diplôme en poche, il intègre le cabinet d’avocats du beau-père. Mais Fidel n’était pas fait pour ce genre de destin. Il aime profondément Cuba, sa patrie. Il souffre de la misère du peuple illettré et méprisé. Élu délégué par ses condisciples de la Fac de Droit, il participe aux manifestations et, excellent orateur, passionné et charismatique, il dénonce publiquement la corruption du gouvernement. En 1947, il prend part à la tentative de renversement du dictateur dominicain Trujillo. Puis, en 1948, il soutient le Bogotazo, un soulèvement populaire déclenché en Colombie par l’assassinat de Gaitán, leader politique progressiste, candidat aux élections présidentielles du pays. Ce sont les débuts de sa carrière politique.

La suite est connue du monde entier : l’attaque de la caserne Moncada, le 26 juillet 1953, la prison, l’exil au Mexique où il encontre le Che, l’épopée du Granma, la guérilla des Barbudos dans la Sierra Maestra et la victoire du 1er janvier 59. Une victoire suivie de longues années à la tête du pays, à réformer, à mettre en place la révolution, dans le domaine de l’agriculture, de l’éducation, de la santé, et à lutter contre ceux qui veulent sa peau et celle de la révolution. Toute la vie de Fidel a été vouée à sa patrie. Rien n’a pu l’en détourner, pas même la haine des contre-révolutionnaires installés en Floride, ni la vindicte des USA, ulcérés d’avoir perdu ce qu’ils considèrent comme leur bien, ni l’hostilité des pays occidentaux alignés sur le patron états-unien et pas plus les centaines d’attentats qui au cours de toutes ces années l'ont visé.

Pendant près d’un demi-siècle, Fidel a tenu la barre, entouré d’hommes brillants et dévoués à leur peuple, à leur nation. C’est à eux tous que Cuba doit d’être ce qu’elle est aujourd’hui: un pays libre, digne et fier. Aucun dirigeant ne peut rester à la tête d’un pays pendant trente ans, dans un contexte de guerre larvée avec les États-Unis, sans un soutien majoritaire du peuple. Certes, comme dans toute société, il existe des secteurs insatisfaits, critiques et déçus. La Révolution cubaine, étant l’œuvre de femmes et d’hommes, est par définition imparfaite et n’a jamais eu la prétention de s’ériger en exemple. Mais l’immense majorité des Cubains lui éprouve un grand respect. Les États-Unis ont toujours été très lucides à ce sujet. Ainsi, un secrétaire rappelait que la majorité des Cubains soutenaient Castro et qu'il n’y avait pas d’opposition politique efficace et que le seul moyen possible pour annihiler le soutien interne au gouvernement est de provoquer le désenchantement et le découragement par l’insatisfaction économique et la pénurie. Mais même, cette entreprise n’a pas été couronnée de succès. En effet, près d’un demi-siècle plus tard, la popularité de Fidel est toujours aussi vive.

Le crime impardonnable de Cuba est d’avoir choisi le camp des déshérités et d’avoir placé l’être humain au centre de son projet national en procédant à une répartition équitable des richesses. Le peuple cubain propose à l’humanité une alternative sociétale efficace, malgré les limites inhérentes à tout projet édifié par des femmes et des hommes, qui montre que les plus humbles ne sont pas condamnés à l’indifférence et à l’humiliation. Et c'est pour cette raison qu'il ne faudra pas s’étonner qu'un tel homme, qu'un tel pays soient redoutés et combattus par les tenants d'un marché sans foi ni loi, maître du monde et des hommes, par les adeptes d'un néo-libéralisme débridé, dont la seule fin morbide est le lucre.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article