La cgt nous souhaite de bonnes vacances

Publié le par hugambrules


 

Le siège de la CGT à Montreuil a été vandalisé dans la semaine dernière par des individus encagoulés. La première question que l'on a envie de se poser, ne seraient-ce pas les mêmes qui ont caillassé l’hôpital Necker. On est obligé de reconnaître que dans les deux cas, ces énergumènes prennent leur rôle d'anti-syndicalisme à cœur. En effet soit en essayant de discréditer (entre autre la grande manif parisienne du 14 juin :1million de personne) ou en vandalisant directement le siège de la première syndicale de France.

Le rapprochement n'est pas établi bien sur mais on est quand même obliger d'y songer. Et cette impression s’appuie sur le fameux adage « à qui profite le crime ? » dont la perspicacité a toujours fait ses preuves mais aussi sur l'étonnante révélation sur France Info, du secrétaire général du syndicat policier majoritaire Alliance (pourtant classé à droite), Jean-Claude Delage, qui s'interrogeait sur les consignes reçues par les policiers pendant les manifestations. Il se questionne notamment sur la passivité imposée aux forces de l'ordre lorsque des casseurs sont en action : « Attendre une heure »

Pourquoi les CRS n'interviennent-ils pas plus rapidement lorsque des groupes de personnes s'en prennent à des vitrines ou des équipements publics? Selon le patron d'Alliance, les policiers ne font qu'obéir aux ordres. « Lorsque vous voyez des casseurs détruire les vitrines, saccager des panneaux publicitaires, se servir des tubes néons à l’intérieur pour attaquer les forces de l’ordre et que des policiers mobilisés sont en face d’eux et qu’ils doivent attendre une heure en face d’eux pour intervenir (…) on se demande bien pourquoi.​ » Je pense que ça vise aussi à discréditer le mouvement social et syndical parce qu’évidemment, lorsque des syndicalistes manifestent contre un texte et qu’il y a des casseurs qui cassent tout dans le quartier, que les riverains sont exaspérés et que la police ne peut pas rapidement intervenir, et bien ça discrédite aussi quelque part le mouvement social » estime Jean-Claude Delage.

Mais l'effet est garanti. Dans ces temps troublés, on chercherait presque à créer les conditions qui pousseraient à amalgamer pelle mêle les casseurs, les hooligans russes ou anglais et même les terroristes. Seul l'amalgame avec les pédophiles est pour l'instant épargné. Ceux qui se sont laissés intoxiquer par ce genre de manœuvre digne d'un Franco ou d'un Pierre Laval (dont le premier ministre en serait peut-être un syncrétisme qui ferait bondir son grand-père) ne devrait pas oublier l'apport dans leur vie courante des militants que certains dénigre.

La CGT à travers l'histoire a permis de nombreux conquêtes sociales que les différents gouvernements de droite assumée ou pas n'ont cessé de grignoter. Comme si pendant toutes ces années, les gouvernements « socialistes » avaient été brimé d'agir selon leur conviction propre comme si une force de rappel les avait interdit de pousser leur intention jusqu'au bout, on peut dire qu'avec ce gouvernement un cap a été franchi. En témoigne la volonté à travers la loi El Khomri de vouloir abattre les symboles bien vivants de l'illusion qu'ils ont cherchée à distiller dans la classe ouvrière. En inversant la hiérarchie des normes, le gouvernement porte un coup direct au mouvement de 1936 qui prévoyait qu'en cas de conflit entre le code du travail et les conventions collectives, c'étaient les dispositions les plus favorables au salarié qui étaient applicables (appelé principe de faveur). Alors qu'historiquement la gauche, (quand le mot gauche avait un sens), a toujours diminuer le temps de travail annuel et hebdomadaire, cette loi permet d'augmenter le temps de travail des salariés sans contrepartie deviendraient possibles même en l'absence totale de difficultés économiques. Ils reviennent même sur la loi de 1919 quand Clemenceau avait plafonné le temps quotidien à 8 heures. Le dernier avatar qui n'est pas le moindre consiste à s'attaquer au temps de travail. Temps de travail qui est l'une des rares avancées de la gauche plurielle et dont il est important de préciser qu'elle s'est faite avec la contrepartie de l'annualisation que Jospin a concédé au patronat. Toutes ces avancées sans aucune exception se sont faite grâce à un rapport de force favorable entre le patronat et le salariat dans lequel la CGT a pris systématiquement une part prépondérante. Certains peuvent l'avoir oublié ou d'autres le regretter, mais il ne faut pas penser que les congés payés, la sécu, la retraite ont été concédés par un politicien vertueux et compréhensif en manque d'inspiration. Il ne faut surtout pas oublier que les militants de la CGT font parties de ceux qui se sont vu amputés leur salaire pour jour de grève ou qui ont vu leur carrière professionnelle stagné pour militantisme. I


 


 

 

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