Un suceur de sang de moins

Publié le par hugambrules

Alors que l’hexagone entier (ou presque) pleurait le patron de Total. Il faut juste rappeler le comportement d’une entreprise pétrolifère in situ. Et l’article du diplo de Mars 2014 est éloquent :

« En Colombie, une étude réalisée en 2003 dans la zone exploitée par Texaco rapportait que 42 % des habitants de la province vivaient dans un rayon inférieur à 50 mètres des puits d’extraction, bassins et autres installations pétrolières. Texaco a joui d’un pouvoir quasi-exclusif sur la région. Au cours de cette période, l’entreprise avait construit des logements sur d’anciens bassins recouverts de terre et de branches. Au fil du temps, le pétrole brut interagit avec l’eau et libère ses molécules les plus lourdes, qui sédimentaient. A la surface demeurent les substances légères et huileuses. Au milieu, une couche d’eau. L’entreprise prétend que l’eau est potable, mais aucun de ses ingénieurs n’ont osé la boire. Texaco a creusé 356 fosses. Si on y ajoute les bassins de stockage des déchets, cela donne 820 sites contaminés. Les Indiens et les paysans continuent d’en trouver d’autres, dissimulés. Certains suintent toujours leur pétrole. Texaco a extrait plus d’un milliard de barils de brut et elle a reversé délibérément des tonnes d’éléments toxiques et de déchets d’entretien, ainsi que plus 72 milliards de litres d’eau sale dans l’environnement. Le gaz qui sortait des puits individuels, a été brûlé sans le moindre contrôle. Lorsqu’il pleuvait, la suie tombait en même temps. Les habitants recueillaient l’eau pour préparer leurs repas et pour la boire, croyant qu’elle n’était pas polluée, puisqu’elle « venait du ciel ». Les communautés indiennes ont été les plus touchées. Il n’y avait aucune présence de l’Etat, expliquent les Indiens d’Amazonie. Texaco avait la main sur tout. Pour compenser les inconvénients, la compagnie pétrolière offrait aux Indiens des babioles, des objets qui ne leur servaient à rien, ou elle les menaçait de faire intervenir l’armée s’ils protestaient. Et puis les évangélistes ont débarqué des Etats-Unis. Des avions survolaient la zone en jetant des casseroles en aluminium, des pantalons, des rubans de couleur, des boutons et des photos des missionnaires. Les religieux arrivaient ensuite pour convaincre les Indiens des bienfaits de la compagnie pétrolière et de la civilisation. Mais la vie des communautés indiennes a totalement chaviré lorsque ses membres ont eu besoin des salaires versés par Texaco pour survivre : la pollution avait rendu toute chasse ou pêche impossible. La mortalité due au cancer atteint le triple de la moyenne nationale. Les responsables de la compagnie avaient expliqué que le cancer, chez les Indiens, était dû à un manque d’hygiène. »

L’étude portait sur Texaco mais qui peut douter que cela se passe autrement chez Total. En témoigne les agissements en Birmanie (avec le fameux rapport Kouchner), AZF ou Erika. D’ailleurs s’il en était autrement comme certains le pensent, elle aurait été rayée de la carte des exploiteurs. Alors ce n’est pas la mort de leur dirigeant qui va changer quoi que ce soit à la politique de Total, au système concurrentiel des entreprises ou au système capitaliste. Mais le groupe total peut voir ce décès comme une occasion d’économiser les 50 000 euros par mois de retraite qu’il lui aurait versé auxquels il aurait fallu rajouter l’indemnité de départ de 4 M € soit un an de salaire.

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